Lutte contre le feu

La lutte concernant les feux de forêt repose sur 4 principes :

1-    la prévention (mesures visant à empêcher les feux de forêt);
2-    la préparation à la lutte contre les incendies (toutes les mesures visant à améliorer l'intervention et la sécurité en cas d'incendie);
3-    l'extinction (tous les moyens d'intervention);
4-    la remise en état (les mesures prises après l'incendie pour en limiter les effets négatifs).


I - La prévention

Les activités de prévention peuvent être divisées en deux grandes catégories:

-    celles qui visent la cause première des incendies : l'homme ;
-    celles qui sont destinées à réduire l'inflammabilité des ressources forestières.

Grâce aux moyens de communication de masse, tels que la télévision, la radio ou la presse, des campagnes d'information du public sont mises en place dans la plupart des pays méditerranéens. Dans la plupart des cas, ces campagnes s'adressent aux touristes citadins durant l'été. Bien qu'il soit difficile de mesurer les résultats de ces campagnes, il semble que ces campagnes réduisent la fréquence des incendies causés par la négligence des touristes.Ces campagnes d'information doivent être complétées par des mesures d’entretien préventives, telles que des techniques d'aménagement forestier visant à réduire les risques d'incendie et les dommages qui en résultent. Par exemple, l’entretien des vignes et des terres agricoles, le débroussaillage régulier, la création et l’entretien de chemins dégagés limitent l’extension des feux d’une parcelle à l’autre. Enfin, la fermeture des décharges sauvages est importante, car elles sont encore sources d’incendies.


II - La préparation à la lutte contre les incendies

Elle est du ressort des gestionnaires et propriétaires forestiers. Des réseaux nationaux de dépistage et de surveillance, utilisant des stations fixes et mobiles, ont été mis en place dans tous les pays du Bassin méditerranéen. De plus, les techniciens opérant au sol ont un rôle primordial et se doivent d’avoir de bonnes connaissances pratiques du terrain. Dans toute la région méditerranéenne, des indices de danger quotidien, reposant sur les prévisions météorologiques locales, ont été systématiquement calculés depuis de nombreuses années. Toutefois, dans bien des cas, ces indices sont insuffisamment étayés par les données météorologiques.

 

Figure 3 : Station météorologique du jardin méditerranéen du Mas de la Serre (F. Veinante)     Figure 4 : Station météorologique (F. Veinante)
Figure 3 : Station météorologique du Jardin Méditerranéen du Mas de la Serre (F. Veinante) - Figure 4 : Station météorologique (F. Veinante)



Des aménagements ont été mis en place dans les régions méditerranéennes dès les années 1970, comme les bandes débroussaillées qui servent de coupe-feu, les pistes d’accès pour les secours, ou les réserves d’eau. A Banyuls, les campagnes de plantation de vignes coupe-feu se sont révélées efficaces dans la protection des habitations. Mais ces aménagements ne suffisent pas si les sous-bois ne sont pas régulièrement entretenus.


III - L’extinction

La lutte contre le feu se fait à l’aide de moyens d’intervention immédiats. En effet, les équipes de lutte à terre sont renforcées dans de nombreux pays méditerranéens par des avions et des hélicoptères, notamment par des canadairs. Se sont des avions spécialement équipés pour lutter contre les incendies de forêt. Ils permettent de déverser l’eau prélevée dans des plans d’eau sur les foyers du feu. L'utilisation des hélicoptères est également très importante car elle permet de transporter les équipes anti-incendie dans les lieux difficiles d'accès. Environ 300 appareils et 30 000 hommes sont mobilisés chaque été pour combattre les incendies dans le Bassin méditerranéen. Si la situation est particulièrement critique, ce nombre peut passer à 50 000 hommes, avec la participation des forces armées.

 

Figure 5 : Tour de surveillance incendie (F. Veinante)      Figure 6 : Zone de coupe feu du jardin du Mas de la Serre (F. Veinante)
Figure 5 : Tour de surveillance incendie (F. Veinante) - Figure 6 : Zone de "coupe feu" du Jardin du Mas de la Serre (F. Veinante)



IV - La remise en état

Le diagnostic des dégâts causés par les incendies commence par la cartographie du contour de la zone incendiée. Une cartographie du pourcentage de couvert détruit peut être mise en place afin d’évaluer le risque d’érosion, qui est essentiel en région méditerranéenne. En vue d’identifier les zones sensibles, ces données sont ensuite croisées avec la topographie et la géologie des lieux, ainsi qu’avec l’occupation humaine. L’estimation des dégâts aux arbres fournira une idée de la récolte de bois éventuellement réalisable.

Afin de réhabiliter les zones brûlées, des interventions à court terme sont mises en place. Elles visent à :


-    rétablir les accès en coupant et dégageant les arbres et les branches tombés sur les voies de circulation et sécuriser la zone incendiée en abattant les arbres dangereux dans les zones fréquentées par le public ;
-    maîtriser les risques d’érosion avant la saison des pluies, par exemple, par des techniques rustiques, telle le fascinage (sorte de barrage en troncs d’arbres découpés), ou plus sophistiquées (ouvrages de maintien des sols) ;
-    intervenir sur les souches qui sont encore vivantes pour préserver une bonne capacité à faire des rejets et, le cas échéant, tailler les branches brûlées des arbres de valeur ;
-    exploiter les bois incendiés de dimensions suffisantes pour être commercialisés ;
-    assurer une surveillance de l’état sanitaire des peuplements forestiers.

A plus long terme (dans les mois et années qui suivent l’incendie), une observation attentive des conditions de redémarrage de la végétation, au printemps suivant l’incendie, permet d’évaluer précisément le potentiel de régénération naturelle des espèces végétales et de le valoriser au mieux. Des plantations peuvent être effectuées dans les zones totalement détruites. Ailleurs, l’ensemencement naturel pourra, si besoin, être assisté par des plantations ponctuelles, mais bien répertoriées et localisées en vue de leur entretien ultérieur. Les espèces végétales à planter sont choisies pour leur adaptation aux conditions écologiques locales, et leur intérêt en matière de diversification des espèces, ainsi que leurs qualités de résistance au feu et aux agents pathogènes. Le passage d’un incendie peut également être l’occasion de repenser la gestion et l’aménagement global de la zone sinistrée.



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    Source de la photo : Fanny Veinante
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