Réserves naturelles et zones de protection

De nombreux espaces naturels protégés ont été créés en France, notamment dans les régions méditerranéennes. Ces sites sont, en grande majorité, administrés par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, et en région par les DREAL (Direction de l’aménagement, de l’environnement et du Logement).


a) Les Parcs Nationaux - www.parcsnationaux.fr



Les parcs nationaux constituent l’une des premières institutions créées pour protéger le milieu naturel. Ils sont administrés par un conseil d’administration composé d’élus locaux, de fonctionnaires, et de scientifiques, et le financement est assuré par l’Etat et les collectivités territoriales.


Ils sont tous organisés sur le même principe, et comportent chacun trois zones rattachées au parc :
- Le parc proprement dit : c’est la partie essentielle, où  les activités humaines sont strictement réglementées ou interdites. Il est quadrillé par tout un réseau de sentiers fléchés.
-    Les réserves intégrales : elles représentent le cœur de la zone protégée du parc. Ce sont des espaces relativement restreints, soumis à des contraintes encore plus rigoureuses (les opérations sylvicoles y sont généralement interdites).
- Zones périphériques ou pré-parc : c’est une zone de transition entre le parc et les régions voisines non protégées, où le développement durable est favorisé.


Ces établissements publics ont pour objectif :
- La protection et la gestion du patrimoine naturel et culturel de la région,
- L’accueil,
- L’encadrement,
- L’information du public.
Ils apportent également tous une contribution aux travaux scientifiques.
En France, il existe 6 parcs nationaux: le Parc National des Pyrénées, le Parc National des Cévennes, le Parc National du Mercantour, le Parc National des écrins, le Parc Naturel de la Vanoise, et en Méditerranée le Parc National de Port-Cros

Figure 1 : Parc national de Port-Cros (PNPC83 - Wikimedia Commons)

Parc national de Port-Cros (PNPC83 - Wikimedia Commons)

 

b) Les Parcs Naturels Régionaux - www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr



Les premiers parcs naturels régionaux ont été crées en 1967. Ils ont pour objectifs :
- De protéger la nature et le patrimoine régional ;
- D’animer et de développer certains secteurs ruraux ;
- De procurer aux habitants des grandes agglomérations des espaces naturels de détente.


En France, il existe 26 parcs naturels régionaux, dont 5 sur le pourtour méditerranéen : le Parc Régional des Pyrénées Catalanes, le Parc Régional de la Narbonnaise en Méditerranée, le Parc Régional de Camargue, le Parc Régional des Préalpes d’Azur, et le Parc Régional de Corse.


c) Les Réserves Naturelles Nationales et Régionales - www.reserves-naturelles.org


La première Réserve Naturelle Nationale et régionale a été créée en 1961 (Réserve naturelle du Lac Luitel). Elles ont été créées afin de préserver une portion du territoire présentant un intérêt exceptionnel sur le plan scientifique. Les intrusions humaines, si ce n’est celle des scientifiques, y sont proscrites.  Cependant, elles ne sont pas toutes fermées au public. Des réserves naturelles intégrales, où toute intrusion humaine est interdite, sont parfois mises en place au sein d’un parc naturel. Ces zones permettent aux scientifiques d’étudier les associations animales et végétales et les équilibres biologiques régissant la nature laissée à elle-même, ainsi que les impacts de l’Homme.


Aujourd’hui, il existe 266 réserves naturelles et leur nombre augmente chaque année. On en trouve une quinzaine sur le pourtour méditerranéen, dont  11 dans les Pyrénées-Orientales : Mas Larrieu, Cerbère-Banyuls, Forêt de la Massane, Prats de Mollo-La Preste, Py, Mantet, Vallée d’Eyne, Nyer, Jujols, Canat, et Nohèdes.



d) Les Réserves Biologiques de l'Office National des Forêts

 

Ces réserves sont des forêts protégées pour leur intérêt biologique, par convention entre le ministère de l’Environnement, le ministère de l’Agriculture et l’Office national des forêts (conventions du 3 février 1981 et du 14 mai 1986). Leur objectif principal est de mettre en place une gestion particulièrement orientée vers la sauvegarde de la faune, de la flore ou de toute autre ressource naturelle. Des programmes d’observations scientifiques ainsi que des actions d’éducation du public y sont mises en place.
Il existe environ 200 réserves biologiques, dont 20 sont gérées par l’ONF  en France.


e) Les Réserves de la Biosphère - www.mab-france.org


Les réserves de la Biosphère sont des sites reconnus par l’UNESCO, dans le cadre du Programme sur l’homme et la biosphère (MAB), comme modèles au niveau de la conservation de la biodiversité et du développement durable. Les réserves de la Biosphère sont protégées selon une liste de critères définis par des Etats membres de l’UNESCO depuis 1995 (mais non ratifiés par une convention internationale). La création d’un réseau mondial des réserves de Biosphère permet l’échange d’idées et d’expériences au niveau international. En juillet 2011, le réseau comptait 580 réserves de biosphère réparties dans 114 pays, dont 9 réserves transfrontalières. En France, il existe une dizaine de réserves de la Biosphère.


f)  Les RNCFS : Réserve Naturelle de Chasse et de Faune Sauvage


Les Réserves de Chasse et de Faune Sauvage représentent près de 10 000 sites, pour une surface de plus de 2 millions d’hectares. Ces réserves ont pour objectifs :
-    de protéger les oiseaux migrateurs conformément aux engagements internationaux,
-    de sauvegarder les habitats indispensables à la protection d’espèces menacées, 
-    d’élaborer et de diffuser la gestion des espèces naturelles et de leurs habitats,
-    de contribuer au développement durable de la chasse au sein des territoires ruraux.
Des études (scientifiques ou techniques) peuvent y être effectuées.


Les RCFS comprennent :
-     les réserves d’association communale de chasse agréée (ACCA), qui ont pour obligation de mettre 10% de leur territoire en réserve (application des articles L. 422-23 et R. 422-65 à R. 422-68 du code de l’environnement),
-    les réserves de chasse du domaine public fluvial et du domaine public maritime,
-    les réserves nationales de chasse et de faune sauvage.


Tout acte de chasse y est proscrit, sauf s’il s’inscrit dans le cadre d’un plan de gestion des espèces naturelles. C’est l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) qui est principalement chargé de la gestion de ces espaces. Cependant, l’Office national des forêts (ONF) et les Parcs Naturels Régionaux (PNR) peuvent prendre part à cette gestion. Les fédérations départementales et régionales de chasseurs, le conservatoire du littoral, les organismes de recherche universitaires, les associations de protection de la nature,  ainsi que les collectivités territoriales peuvent également participer à la gestion de ces sites.


g) Les conservatoires botaniques nationaux


Ils ont été créés en 1988 par le ministère de l’environnement. Leurs objectifs sont de localiser, d’étudier et de conserver par tous les moyens les plantes rares et menacées. Ils peuvent parfois être amenés à mettre à l’abri des espèces rares hors de leur milieu naturel. Leur autre mission est d’informer et d’éduquer le public afin de l’inciter à respecter la flore sauvage. Le réseau des Conservatoires botaniques nationaux compte actuellement 11 structures.


h) Les zones protégées par le conservatoire du littoral et des rivages lacustres - www.conservatoire-du-littoral.fr

 

Le Conservatoire du littoral, dont le nom officiel est le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, membre de l'Union Mondiale pour la Nature (UICN), est un établissement public français.  Son objectif principal est de protéger de manière définitive des espaces naturels et des paysages présents sur les rivages maritimes et lacustres français. Il a été créé en 1975. Il a pour mission de remettre en état des espaces dégradés, puis en confie la gestion  aux communes, collectivités locales ou associations. Aujourd’hui, le Conservatoire du littoral a acquis environ 660 km de côtes en France métropolitaine. Le long de la Côte Vermeille (Pyrénées-Orientales), six zones ont été acquises par le Conservatoire du Littoral (Anse de Pauliles, Cap de l’Abeille, Car Béar, Pla de les Forques, moulin d’Ensourd, et Armen).


Le site de Paulliles, Pyrénées Orientales (Wikimedia commons, JC-G et Xaviateur)Le site de Paulliles, Pyrénées Orientales (Wikimedia commons, JC-G et Xaviateur)

Le site de Paulliles, Pyrénées Orientales (Wikimedia commons, JC-G et Xaviateur)

 


i) Les ZNIEFF : Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique - http://inpn.mnhn.fr/programme/inventaire-znieff/presentation

 

Décidées en 1982 par le ministère de l’environnement, avec l’appui du muséum national d’histoire naturelle, les ZNIEFF constituent un ensemble de sites naturels remarquables détectés par des scientifiques locaux. Ces inventaires régionaux sont validés pour chaque région par un conseil scientifique régional (CSRPN). Il recense toutes les zones qui présentent un intérêt biologique : zones humides, landes, forêts, rivières, vallées... Ces zones peuvent par ailleurs présenter un ensemble d’intérêts scientifiques (paysager, hydrologique, géologique, pédagogique,…).


Il existe deux types de ZNIEFF :
-    Les zones de type I : ce sont des secteurs de superficie restreinte, dont l’intérêt est lié à la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou de milieux rares ou remarquables, caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional (exemples : tourbière, prairie humide, étang, mare, boisement remarquable, falaise…). Ces zones sont très sensibles aux aménagements ou aux modifications du fonctionnement écologique du milieu.
-    Les zones de type II : ce sont de grands ensembles naturels peu modifiés par l’homme, ou qui offrent des potentialités biologiques ou paysagères intéressantes (exemples : massif forestier, plateau…). Ces zones servent d’outil d’aide aux aménageurs du territoire.


Dans la région de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), il est dénombré 11 ZNIEFF de type I, et 3 de type II (la réserve marine est une ZNIEFF de type I et la vallée de la Baillaury une ZNIEFF de type II).


image adaptation

Vallée de Banyuls-sur-Mer, Bertrand Grondin, Wikimedia



Les inventaires et la délimitation des ZNIEFF ont permis de délimiter des sites présentant un intérêt écologique, ayant pu être inclus dans le réseau Natura 2000. Ce réseau a pour objectif de maintenir la diversité écologique de ces milieux en tenant compte des exigences économiques, culturelles, sociales et régionales qui s’y attachent.  Ce réseau est constitué de l’ensemble des espaces désignés en application des Directives « Oiseaux » et « Habitats » :
- La Directive «oiseaux » a pour but de protéger les habitats nécessaires à la reproduction et à la survie d’espèces d’oiseaux considérées comme rares ou menacées à l’échelle de l’Europe. Les Zones de Protection Spéciales (Z.P.S.) désignent les sites les plus adaptés à la conservation des habitats de ces espèces.
- La Directive «habitats » a pour but de conserver les habitats naturels de la faune et de la flore sauvage. Elle prévoit la création d’un réseau écologique européen de Zones Spéciales de Conservation (Z.S.C.). 


Quatre sites Natura 2000 sont présents dans le département des Pyrénées-Orientales :
- La côte rocheuse des Albères (ligne de côte et herbiers de Posidonies);
- L’embouchure du Tech et du Grau de la Massane ;
- Le massif des Albères (réduit à la Massane) ;
- Le fleuve Tech et sa ripisylve.


j) Les ZICO : Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux


Les ZICO ont été créés à la suite de la Directive Européenne de 1979, qui abordait principalement le thème de la conservation des oiseaux sauvages. Leur objectif est de prévoir la protection des habitats indispensables à la survie et à la reproduction des oiseaux sauvages rares ou menacés. L’inventaire de ces zones a été réalisé sous la responsabilité du Ministère de l’Environnement et de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Pour tout plan ou projet d’aménagement sur une zone identifiée comme étant une ZICO, il n’est pas obligatoire de conserver l’habitat des oiseaux présents sur le site. Toutefois, il est conseillé de réaliser une étude sur les incidences que ces aménagements pourraient entraîner sur les populations et leurs habitats.


En France, il existe 285 ZICO. Dans le département des Pyrénées-Orientales, deux ZICO sont répertoriées :
- Massif des Albères
- Etang de Canet, Villeneuve de la Raho et  l’embouchure du Tech


Figure 2 : Etang de Canet (Fanny Veinante) Figure 3 : Etang de Canet (Fanny Veinante)

 Etang de Canet (Fanny Veinante)

 

 k) Les zones protégées par APPB : Arrêtés Préfectoraux de Protection du Biotope


Des Arrêtés Préfectoraux de Protection du Biotope peuvent être déposés par le préfet, afin d’assurer la préservation des habitats, de la faune et de la flore protégée, au niveau régional ou national. En effet, le préfet a la possibilité de fixer facilement des mesures permettant d’améliorer la conservation de biotopes dans lesquels ont lieu toute une partie ou une partie du cycle biologique d’espèces protégées. Toutefois, le préfet doit obtenir l’avis de la commission départementale des sites et de la chambre départementale d’agriculture. Il a également la possibilité d’interdire les actions qui pourraient avoir un impact négatif sur l’équilibre biologique de certains milieux, telles que l’écobuage, ou la destruction des haies. Le non respect d’un arrêté de biotope peut être verbalisé.


l) Les Sites Ramsar


La convention Ramsar ou Convention sur les zones humides d’importance internationale, est un traité intergouvernemental qui permet une coordination nationale et internationale au niveau de la conservation et de l’utilisation réfléchie des zones humides et de leurs ressources. Ce traité a été adopté dans la ville de Ramsar en Iran en 1971, et est entré en vigueur en 1975, après avoir été discuté tout au long des années 60. C’est le seul traité mondial abordant l’environnement et notamment un type d’écosystème précis. Les pays membres de la Convention couvrent toutes les régions géographiques de la planète. En France, 38 sites Ramsar sont répertoriés.


j) L’exemple des zones de protection du littoral Catalan Français


On dénombre sur le littoral des Pyrénées orientales 3 réserves naturelles protégeant le milieu méditerranéen:


- La réserve naturelle du Mas Larrieu, qui protège l’embouchure du Tech. Acquis par le Conservatoire du littoral, elle s’étend sur 55 ha, dans la commune d’Argelès-sur-Mer. Sa plage de sable fin abrite une microfaune de grand intérêt. Il y subsiste également des plantes rares, voire exceptionnelle pour la région : comme la Lampsane commune (Lanpsana communis ssp. glandulosa) que l’on ne trouve qu’à cette endroit dans le département.

Figure 4 : Plage de la réserve naturelle du Mas Larrieu (Fanny Veinante)

Plage de la réserve naturelle du Mas Larrieu (Fanny Veinante)


- La réserve naturelle de Banyuls-Cerbère, qui protège les fonds marins de la Côte Vermeille. Elle est l'unique réserve naturelle exclusivement marine de France, s'étend sur 6,5 km et couvre 650 ha de mer entre Banyuls-sur-Mer et Cerbère (communes étant à l'initiative de sa création), juste au nord de la frontière espagnole. On y trouve de nombreux mollusques, les Herbiers de posidonies (Posidonia oceanica), les algues vertes, coraux, Cigale de mer (Scyllarides latus), Hippocampe (Hippocampus sp.), Roussette (Scyliorhinus sp.)… La pêche y est réglementée afin de protéger ces nombreuses espèces.  En accord avec les pêcheurs, une réserve intégrale a été créée, où toute forme de pêche est interdite. Cela a permis le retour de certaines espèces qui avaient disparu du secteur depuis longtemps : Mérous (Epinephelus guaza), Corbs (Corvina nigra), Sars-tambours (Diplodus cervinus), ou Motelles de roche (Phycis blennoides). Il reste cependant quelques problèmes liés à la fréquentation (forte fréquentation touristique estivale, plongée). 

 

Figure 5 : Roussette avec ses oeufs (Julien Loubet, aquarium de Banyuls) Figure 6 : Réserve marine de Banyuls Cerbère (Fanny Veinante)

Roussette avec ses oeufs (Julien Loubet, aquarium de Banyuls) - Réserve marine de Banyuls Cerbère (Fanny Veinante)


Figure 7 : Hippocampe (Julien Loubet, aquarium de Banyuls) Figure 8  : Cigale de mer (Julien Loubet, aquarium de Banyuls)

Hippocampe (Julien Loubet, aquarium de Banyuls) - Cigale de mer (Julien Loubet, aquarium de Banyuls)


- La réserve naturelle de la forêt de la Massane, qui protège une forêt relique de Hêtres dans le massif des Albères. Cette forêt a depuis longtemps intéressé les botanistes : c’est ainsi que Louis XIV y avait envoyé son meilleur spécialiste des plantes. En dehors de ces paysages, l’intérêt de la Massane réside aussi dans le fait que la forêt y évolue librement, sans intervention humaine. Les arbres meurent et pourrissent naturellement sur place, permettant ainsi le développement de toute une faune et une flore saprophytes* qu’on trouve difficilement ailleurs. On a recensé dans cette forêt des arbres âgés de plus  de 300 ans. C’est la commune d’Argelès-sur-Mer qui est propriétaire de ces 336 ha protégés.

*Saprophyte : organisme se nourrissant de matière organique en décomposition. 

Les règlementations mises en place dans ces réserves ne portent pas uniquement sur la flore ou sur la faune mais sur tout le milieu.


Figure 9 : Réserve Naturelle de la Massane (Fanny Veinante) Figure 10 : Réserve Naturelle de la Massane (Fanny Veinante)

Figure 11 : Réserve Naturelle de la Massane (Fanny Veinante) Figure 12 : Réserve Naturelle de la Massane (Fanny Veinante)

Figure 13 : Réserve Naturelle de la Massane (Fanny Veinante)

Réserve Naturelle de la Massane (Fanny Veinante)

 

 

  • Titre de la photo : Réserves naturelles
    Source de la photo : Réserves naturelles de France
    Réserves naturelles et zones de protection
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