Maladie des plantes

Il existe de très nombreuses infections des plantes méditerranéennes. Beaucoup d’entre elles sont causées par des ravageurs dont la dispersion est largement favorisée par la mondialisation et l’augmentation des échanges intercontinentaux.

Nous examinerons successivement les maladies (et les modalités de lutte) liées à la chenille processionnaire du Pin, aux Cochenilles, au Bombyx disparate, au Charbon, au Bupreste, au Charançon rouge, aux papillons ravageurs des palmiers et aux teermites.


I La chenille processionnaire du pin (nuisible au pin)


De nombreuses populations de pins sont attaquées par la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa-Lepidoptera). Elles tissent en commun un nid soyeux blanc en automne afin d’y passer l’hiver. C’est à cette période qu’elles provoquent le plus de dégâts car elles se nourrissent des aiguilles de pin, ce qui provoque un affaiblissement pouvant parfois entraîner la mort chez les jeunes arbres. Ces chenilles sont également très urticantes et peuvent être dangereuses pour les enfants. On les retrouve surtout dans le Sud de la France mais elles progressent de plus en plus vers le Nord à cause du réchauffement climatique. Les populations de processionnaires sont faibles le long du littoral méditerranéen mais certains foyers sont très actifs (comme à Marseille ou en Corse). Le nombre de nids reste cependant assez stable grâce aux divers moyens de lutte. En voici quelques exemples :


- Lutte mécanique : les nids sont enlevés et brûlés ;
- Lutte microbiologique : utilisation d’insecticides ou d’une préparation à base de Bacillus thuringiensis (bactérie nocive pour les chenilles) ;
- Utilisation de pièges phéromonaux qui attirent les papillons mâles et donc freinent considérablement la reproduction ;
- L’éco-piège : il utilise des séquences du comportement de l’insecte pour mieux le piéger. Un sachet plastique est accroché le long du tronc de telle façon que les chenilles vont tisser leur cocon dans ce sachet, qui sera ensuite incinéré.

Ces différentes techniques ont une efficacité variable sur la quantité de chenilles présentes.

 

Figure 1 : Adulte de processionnaire du pin  (Joseph Garrigue de la Massane)     Figure 2 : Nid de processionnaires du pin (F. Veinante)
Figure 1 : Adulte de processionnaire du pin  (Joseph Garrigue de la Massane) - Figure 2 : Nid de processionnaires du pin (F. Veinante)


 II - Les cochenilles (nuisibles au pin)


Le Pin maritime (Pinus pinaster) est lui attaqué par la Cochenille Matsucoccus feytaudi (cocoidea), introduite par accident au XXème siècle. Très présentes autrefois dans les massifs provençaux comme les Maures, le Tanneron ou l’Esterel, les populations de pins maritimes ont fortement régressé à cause de cette maladie. Sa présence est épidémique dans le Sud-est de la France et en Italie, où les dégâts causés sont importants. Attaqués par cette cochenille, les pins deviennent très sensibles à de nombreux ravageurs (pyrale des troncs Dioryctria sylvestrella, pissode (pissodes sp),…). Différentes techniques de lutte sont employées :


- L’introduction de variétés résistantes de pins maritimes (souches Cuenca d’Espagne et Tamjoute du Maroc) est actuellement à l’étude;
- Elimination en cours d’hiver des rameaux et des branches les plus envahis;
- L’utilisation de pièges phéromonaux afin de piéger les mâles (cette technique en élimine beaucoup);
- Utilisation de prédateurs de la cochenille : punaises, hémérobes, coccinelles, petits carabes, acariens et araignées.

 

Figure 3: Cochenille (Fanny Veinante)
Figure 3: Cochenille (Fanny Veinante)


III - Le Bombyx Disparate (nuisible aux Chênes)


Les chênes sont attaqués par le Bombyx Disparate (Limantria dyspar-Lepidoptera). La chenille s’attaque aux feuilles dont elle se nourrit. L’aire de répartition du bombyx disparate va de l’Afrique du Nord (pays méditerranéens) au Japon en passant par toute l’Europe (jusqu’au centre de la Suède et au sud de la Finlande) et la Russie. Il est très présent dans les pays méditerranéens et balkaniques où il se multiplie massivement tous les 7 ou 8 ans, entraînant de graves conséquences économiques. Les produits de luttes biologiques sont confectionnés à partir d’une bactérie (Bacillus thuringiensis) désactivée qui entraine un arrêt très rapide de l’alimentation des chenilles qui meurent en quelques heures. Des produits chimiques sont également utilisés, comme le diflubenzuron, mais ils sont moins efficaces.

 

Figure 4 : Adulte de Bombyx disparate (la Massane)
Figure 4 : Adulte de Bombyx disparate (la Massane)


IV - Le bupreste (nuisible aux Chênes)


Un autre parasite des chênes méditerranéens, le bupreste (Coraebus florentinus - Coleptera) crée des galeries dans les branches, ce qui à terme peut provoquer leur chute.  Aucune sorte de traitement n'est efficace car la larve se cache sous l'écorce de la plante. La meilleure manière de s'en débarrasser est de couper la branche atteinte et de la brûler.

 

Figure 5: Le bupreste Caraebus florentinus (Jeff Delonge - Wikimedia)     Figure 6 : Chêne Quercus ilex touché par le bupreste Coraebus florentinus (Siga – Wikimedia)
Figure 5: Le bupreste Caraebus florentinus (Jeff Delonge - Wikimedia) - Figure 6 : Chêne Quercus ilex touché par le bupreste Coraebus florentinus (Siga – Wikimedia)


V - Le charbon (nuisible au Chêne Liège)


Le Chêne-liège est parfois ravagé par le « charbon de la mère » provoqué par un champignon (Hypoxylon mediterraneum), favorisé en particulier par les incendies ou le démasclage (retrait du liège sur l’écorce et les branches lors de son exploitation). Il provoque un dessèchement des rameaux, des branches puis du tronc, et enfin la mort de l’arbre. Une taille des arbres bien adaptée, la protection des zones saines, la désinfection des outils sont les trois principales méthodes de lutte actuelles.


VI - Le charançon rouge (nuisible aux palmiers)


Le charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus) s’attaque à l’origine aux palmiers coco (Cocos Nucifera L) mais également aux palmiers que l’on trouve sur la côte méditerranéenne (Chamaerops humilis, Phoenix canariensis, Trachycarpus fortunei, et Washingtonia filifera). Il provoque la chute des palmes et à terme la mort de la plante. Il est apparu pour la première fois en France en 2006 dans le Var et il est piégé en Languedoc-Roussillon depuis 2007. Des traitements existent mais pour une élimination totale il faut souvent abattre les plantes touchées car les traitements sont longs et très coûteux. Voici quelques exemples de traitements :

- Mécaniques : élimination des parties contaminées (élagage, tronçonnage et transport) et installation de pièges;
- Chimiques : pulvérisation de confidor, insecticide le plus couramment utilisé contre le charançon;
- Biologiques : utilisation d’un nématode microscopique qui parasite et tue les larves (Palmanem et Carpocapsae System) ou d’un champignon entomophage pour les parties aériennes de la plante.

 

Figure 7 : Charançon rouge du palmier (Benjamin Falgas)     Figure 8 : Cuve à palmanem (F. Veinante)
Figure 7 : Charançon rouge du palmier (Benjamin Falgas) - Figure 8 : Cuve à palmanem (F. Veinante)

Figure 9 : Palmanem (F. Veinante)     Figure 10 : Palmier Chamaerops humilis traité au palmanem (F. Veinante)
Figure 9 : Palmanem (F. Veinante) - Figure 10 : Palmier Chamaerops humilis traité au palmanem (F. Veinante)


VII - Le papillon ravageur du palmier (nuisible aux palmiers)


Le papillon ravageur du palmier (Paysandisia archon) s’est retrouvé accidentellement en France en 1997 lors d’une importation de palmiers. Ils ont les mêmes effets sur les palmiers que les charançons rouges mais ciblent des espèces différentes (Rithrinax campestris, Trachycarpus fortunei et Chamaerops humilis). Les moyens de lutte contre ce papillon sont semblables à ceux utilisés contre le charançon (insecticide, nématode entomophage Steinernema carpocapsae...)

 

Figure 11 : Le papillon ravageur du palmier Paysandisia archon (José Lison Martin – Wikimedia)
Figure 11 : Le papillon ravageur du palmier Paysandisia archon (José Lison Martin – Wikimedia)


VIII - Les termites (nuisibles au bois)


Les termites sont des insectes xylophages qui sont présent naturellement dans les forêts de la moitié sud du continent européen. A Banyuls, on trouve une espèce de termite uniquement présente dans la région : Reticulitermes banyulensis. On les trouve dans les cavités naturelles (arbres blessés, souches, entre les racines, …). Ils creusent le bois de l’intérieur et affaiblissent l’arbre qui finit par s’effondrer. Il existe des méthodes de lutte préventives : entretenir une bonne hygiène des bâtiments, réduire au minimum leurs sources alimentaires (bois morts, arbres proches des bâtiments, …), ainsi que l’utilisation de bois résistant aux termites (traités avec des insecticides). Les méthodes de lutte son très diversifiées:

- Traitements chimiques : bois traité, fumigation de gaz toxiques, barrières chimique et physico-chimique, piège avec des appâts contenants des insecticides;
-  Mesures physiques : grillages, couche de granulat...

 

Figure 12: Termites (Laure Andrieu)     Figure 13: Termites (Laure Andrieu)
Figure 12: Termites (Laure Andrieu) - Figure 13: Termites (Laure Andrieu)

 

  • Titre de la photo : Maladie des plantes
    Source de la photo : Benjamin Falgas
    Maladie des plantes
    Description de la photo : Charançon rouge du palmier