Pollution chimique

Les activités humaines contribuent fortement à la dégradation des habitats méditerranéens, marins et terrestres soit directement par modification ou destruction des milieux (extensions urbaines, agriculture intensive) soit indirectement par des pressions et impacts liés à la consommations de ressources, à la fragmentation des milieux, aux pollutions lumineuses, sonores ou chimique. Les rejets d’eaux usées industrielles et urbaines dans les fleuves et cours d’eau constituent les principales sources de pollution chimique.Les impacts de ces rejets sur le milieu affectent la stabilité de l’écosystème, la santé humaine et in fine l’économie (impact sur le tourisme et la pêche, …).

Les cours fluviaux représentent les principaux vecteurs de pollution industrielle (installations hydroélectriques et nucléaires, transformation des hydrocarbures, électronique, métallurgie et produits chimiques). Les eaux usées produites par les villes côtières constituent l’un des principaux problèmes de pollution de la côte méditerranéenne. Les principaux polluants chimiques des eaux usées urbaines sont: les matières organiques, les matières en suspension et les éléments nutritifs (azote et phosphore). Toutefois, des métaux lourds et des hydrocarbures peuvent y être présents. Le transport maritime est également l’une des sources de pollution par les hydrocarbures de pétrole et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) en mer Méditerranée.

La surveillance des rejets dans l’air et dans l’eau est exercée par les industriels dans le cadre de leur autocontrôle sous la surveillance des directions régionales de l’environnement de l’aménagement et du logement (DREAL). Le site de la DREAL Languedoc-Roussillon fournit des informations sur les rejets des sites industriels dans la région Languedoc-Roussillon.


Les principaux groupes des polluants chimiques introduits dans l’environnement : 

  • Eléments nutritifs - l’augmentation des éléments nutritifs (azote et phosphore) dans un écosystème marin accroît la production primaire et peut conduire à l’eutrophisation de la masse d’eau. Ce phénomène présente des effets secondaires: prolifération de la biomasse planctonique, décoloration de l’eau, diminution de la transparence de l’eau, diminution d’oxygène dissous dans les eaux et, dans des cas extrêmes, apparition d’espèces d’algues toxiques. Les rejets d’eaux usées urbaines sont d’importantes charges d’éléments nutritifs, particulièrement lorsqu’ils ne sont pas traités. Il s’ensuit que toutes les zones côtières à proximité de grandes villes ou agglomérations.
  • Polluants organiques persistants (POP) - les polluants organiques persistants comprennent certains pesticides interdits et produits chimiques industriels dont la fabrication est également interdite comme, par exemple, les polychlorobiphényles (PCB) ainsi que des contaminants nocifs (hexachlorobenzène, dioxines et furanes). Les hexachlorocyclohexanes (HCH) restent omniprésents le long de la côte méditerranéenne vu leur persistance dans l’environnement bien qu’ils ne soient plus utilisés. Les principales sources de HCH (et notamment de lindane) sont constituées par les stocks et le sol contaminé aux «points chauds». C’est là la conséquence des anciennes activités de fabrication et des stocks antérieurs.
  • Métaux lourds (arsenic, cadmium, chrome, cuivre, nickel, plomb, mercure,…) - les eaux usées urbaines et industrielles et le ruissellement provenant de sites contaminés par des métaux (par ex. les mines) constituent des sources terrestres majeures de métaux toxiques.

 

Les centres urbains et industriels sont souvent les principaux responsables de la pollution chimique, les activités anthropiques qui y exercées dans la région du Languedoc-Roussillon principales sont énumérées ci-dessous:

- Les cours fluviaux de l’Hérault, du Gard sont considérés comme des vecteurs de pollution industrielle (installations hydroélectriques et nucléaires, transformation des hydrocarbures, électronique, métallurgie et produits chimiques);

- Les ports de Sète, Port-la-Nouvelle, Port-Vendres relèvent une pollution par les hydrocarbures du fait des pratiques de déballastage et des déversements accidentels d’hydrocarbures.


Cimenterie sur l'étang de Sigean (Joyce11, wikimedia commons)   Port de Port-la-Nouvelle (Lundeux, Wikimedia Commons)

Fig 1 : Cimenterie sur l'étang de Sigean (Joyce11, wikimedia commons) - Fig 2 : Port de Port-la-Nouvelle (Lundeux, Wikimedia Commons)

 

Les pointes de pollutions dans les milieux méditerranéens sont souvent corrélées aux périodes de sécheresse. Le tourisme de masse a pour conséquence des rejets massifs de polluants organiques, au moment même ou la quantité d’eau disponible est extrêmement limitée. Lorsque les capacités des stations d’épuration sont dépassées, ou bien simplement lorsqu’aucun procédé épuratoire n’est mis en œuvre, des pollutions des eaux (rivières, mer, nappes phréatiques) peuvent survenir.

 

Rade de Marseille

Fig 3 : La rade de Marseille, un milieu naturel fortement anthropisé (Jddmano, Wikimedia commons)

 

La pollution des eaux marines affecte fortement des communautés naturelles. Ainsi les Cystoseires (Cystoseira stricta) laissent place, par exemple en en rade de Marseille, à des espèces nitrophiles (Ulva spp.), et à des milieux pauvres en espèces et en biodiversité. Parmi les pollutions organiques les plus connues, citons les malaïgues, ou « mauvaises eaux » de l’été. Si certaines d’entre-elles sont naturelles, beaucoup sont très largement initiées ou amplifiées par l’activité humaine. En effet, les rejets de nitrates et de phosphates, en particulier par l’agriculture, favorisent au printemps et en été, en corrélation avec les fortes températures, la croissance des algues, et en particulier de la laitue de mer (Ulva rigida). Cette forte croissance asphyxie le milieu lagunaire lorsque ces algues commencent à se décomposer, privant d’oxygène toute la flore et la faune de l’étang. Une odeur d’œuf pourri liée à la dégradation de ces algues et au rejet concomitant d’hydrogène sulfuré envahit alors les environs.


  • Titre de la photo : Pollution chimique
    Source de la photo : Luc Viatour (Wikimedia commons)
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